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Le monde souterrain des champignons : la coopération, plus que la compétition

Plus que cette forme de cercle, le mycélium est indispensable à nos forêts. Il s’intègre, comme tout être vivant, dans un cycle naturel de décomposition et permet à la vie de continuer à se développer. Selon ce cycle, le bois mort est décomposé et dégradé par les champignons qui absorbent ensuite les nutriments restants pour les redistribuer. Plus précisément, si l’on entre dans l’intimité des champignons, on peut y découvrir plusieurs familles dont le rôle diffère : 

  • Les champignons saproxyliques (comme le polypore sessile ou l’agaricale à pied central) : ils décomposent le bois mort et permettent donc d’identifier les peuplements matures, c’est-à-dire les arbres les plus anciens.
  • Les champignons mycorhiziens (comme les cèpes ou les truffes) : ils pourraient, selon certaines espèces, servir d’indicateurs de forêts anciennes avec plus de 200 ans d’usage forestier du sol. 


Leur pouvoir ne s’arrête pas là, ils sont capables d’effectuer ce que l’on appelle des échanges myco-racinaires car ils forment une symbiose avec les racines de leurs hôtes sylvicoles. La générosité de l’accueil se fait alors dans les deux sens pour mettre en place un échange selon les règles de la nature. En échange du sucre obtenu par la photosynthèse du carbone, le champignon transmet l’eau et les nutriments qu’il a extrait lui-même du sol. 

 

Avoir un relevé scientifique de ces espèces devient donc un enjeu important de gestion forestière pour en constituer un argument de protection. Plus les forêts sont matures et anciennes, plus leurs bienfaits seront élevés. 

 

Leur importance est pleinement accordée dès 1969, lorsque les recherches menées par Robert Whittaker amènent à une classification du vivant en cinq règnes. Une catégorie à part entière est ainsi créée pour les champignons sous le nom de “Fungi”, un savant mélange entre la plante et l’animal. Dans les années suivantes, le monde des champignons fascine de plus en plus et de nouveaux concepts en sont ainsi forgés.

 


 

 

La professeure d’écologie forestière Suzanne Simard proposait alors l’expression Wood Wide Web pour désigner les réseaux mycorhiziens communs par lesquels les arbres pourraient partager des nutriments avec d’autres, voir reconnaître leur progéniture. Bien que cette réflexion soit encore à l’étape de l’hypothèse, elle permet toutefois de recréer du débat sur la notion de sélection naturelle, depuis longtemps acquise et à laquelle on oppose maintenant le principe de coopération.

 

 

Cette fois-ci, il est bien prouvé, que le fonctionnement de la mycoremédiation permet de décomposer les polluants grâce aux champignons. Un projet de recherche, nommé MicGIVER, a justement été lancé pour découvrir le potentiel de plusieurs espèces de champignons sur 4  polluants : Glyphosate et AMPA, acide picrique, pétrole brut et cires. 

En conclusion, les champignons représentent certes un certain danger d'empoisonnement mais surtout un ensemble de bienfaits incomparables. Ils posent les bases du cycle de la vie et assurent les interactions entre les espèces aériennes et celles du sous-sol et plus généralement entre “le monde d’en haut et le monde d’en bas”.

Article rédigé par Léa  THOMAS, de l'équipe All around the Planet
Pour la retrouver : https://www.linkedin.com/in/l%C3%A9a-thomas-9a216b309/

Article publié par Aquemy MENDONCA, de l'équipe All around the Planet

Pour la retrouver : [email protected]

Références :

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Commentaires: 1
  • #1

    Laure (vendredi, 06 février 2026 11:43)

    Merci pour ce fabuleux travail d'équipe, sur un sujet essentiel de notre projet : la qualité de vie des sols forestiers ! Bravo à vous, j'adore !!!