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Christophe Vissant, notre champion

Il sera LE coureur-planteur d’arbres de Run For Planet - 15 million trees for Siberia.

Engagé avec une équipe d’accompagnateurs à vélo et camping-car, chacune de ses foulées matérialise un arbre planté. 

Christophe sera aussi notre messager, chargé de rallier, fédérer, interpeller tous ceux qu’ils croisera sur l’urgence qu’il y a à préserver le plus grand poumon vert de la Planète, vital pour l’équilibre de son atmosphère.

Dans son défi, il nous ramènera à cette valeur essentielle qu’est l’humilité, car en réalité nous sommes bien peu de choses lorsque nous ne respectons pas la nature.

  • Novembre 2019 : 1 an après son abandon en Australie (en savoir plus) Christophe se relève…
  • Mars 2020 : Christophe se remet en mode exploit pour un départ prévu début 2021 de Nantes,  pour rallier Vladivostok, une rencontre avec les ours et qui sait, les tigres ! 

L'interview

« Qu’est-ce qui t’a décidé à relever le défi Run For Planet ? »

« Repartir sur un défi, ce n’était pas au programme …

 

L’ Australian Tour m’a fait très, très, très, mal. 

C’est un traumatisme qui m’a mis KO pendant plus d’un an moralement et physiquement.

Pendant des mois, j’ai eu le moral dans les chaussettes. J’étais en rééducation. Je me nommais moi-même le looser. Je déteste perdre. J’ai beaucoup de mal avec ça. Se sont ajoutées à ce coup dur les critiques délétères que j’ai pris de plein fouet. Après cette épreuve, j’avoue que je ne voulais plus entendre parler de la course longue distance. Il a fallu que je digère… En janvier dernier, le mental n’était toujours pas au beau fixe. Ca faisait exactement 1 an et 1 jour que je n’avais pas couru…

 

…Et puis Serge est arrivé. Et avec lui toute son énergie de coureur longues distances.

 

Il avait rencontré Laure et son projet et il était partant ! Elle avait pris le transsibérien en août 2019 pour un premier repérage. Serge,  rattrapé par sa formation à Sciences Po, ne peut se libérer avant 2024. Il m’a dit : je ne vois que 2 personnes capables de faire ça et tu es l’une de ces deux personnes. 

 

Courir et avoir à mes côtés celui que je considère aujourd’hui comme le plus grand parmi les sportifs c’est énorme pour moi. C’est ce qui m’a décidé.

 

Aujourd’hui, j’ai récupéré mon physique et mon mental, j’ai l’autorisation de courir.

 

Mon médecin du sport me dit que je suis prêt, mon diététicien me fait perdre les kilos en trop. Je me sens bien, je sens que je peux monter en puissance. 

 

Run For Planet, c’est aussi un projet écologique, en Russie, avec une  équipe qui me sécurise : c’est l’effet wahou !

La responsabilité sociale et environnementale a toujours été présente dans mes défis… et la Russie c’est chez moi ! J’y ai vécu des moments extraordinaires, le sens de l’accueil des russes est incroyable, ils adorent les français.

En plus, je suis rassuré par l’équipe et sa collaboration avec Serge. Je vais pouvoir me consacrer entièrement à la course et me délester de tout ce qui parasite ma préparation et ma performance mentale. »

 


« Dans quel état d’esprit abordes-tu ce défi ? »

«  Sur un plan sportif, le fait qu’il n’y ait pas de contraintes kilomètres/jour est un élément important pour moi.

Je tiens à repartir en mettant toutes les chances de mon côté. 

 

Sur l’Australian tour, tout a déraillé, j’ai géré beaucoup trop de choses, seul.

Du coup, j’ai collectionné les ennuis : au niveau personnel, avec le matériel, avec les suiveurs. Mon - super - équipement GPS n’a pas fonctionné, ce qui a laissé le champ libre à certains pour émettre des suspicion de triche alors que je pointais tous les jours. Ma compagne m’a quitté, des suiveurs sont partis. Plus jamais je ne veux revivre cette expérience.

 

Cette fois-ci, quand je serai sur la ligne de départ, tout aura été vérifié, validé, préparé et assuré dans les moindres détails pour laisser le moins de place possible aux aléas humains comme aux aléas techniques. Et surtout les suiveurs auront été choisis avec soin, grâce à Serge.

 

J’ai besoin de courir avec le sourire, je suis un coureur  « de tête »  sous la tutelle de mes accompagnateurs…

Tous les signaux doivent être au vert pour que je sois bien dans ma tête. Car je suis un coureur mental, capable de l’extraordinaire comme de l’effondrement. Si le moral n’est pas au rendez-vous, le physique n’est pas là.

 

Je suis entièrement dépendant de mes accompagnateurs pour toutes les tâches quotidiennes : manger, dormir, boire, avoir des vêtements propres…  Ils doivent veiller sur moi, me rassurer, me cocooner, tout faire pour que, autour de ma course et dans ma tête tout soit sans problème, simple. Je dois être bienheureux comme un enfant insouciant, à l’écart des soucis matériels.

 

Le boulot de mes accompagnateurs ? Créer du bonheur, de la facilité, de la simplicité. Et croyez-moi c’est un sacré job !

 

Donc, pas de rotation ou de démission imprévues dans ces équipes là, qui devront se succéder toutes les 3 à 4 semaines. C’est essentiel à ma course. »


Pour toi, quelle est la qualité première d’un coureur longue distance ? »

« C’est Serge qui le dit le mieux…

La qualité première d’un coureur longue distance, c’est l’humilité.

 

Quand on court en traversant les pays, il faut être sans jugement, sans préjugés. 

Je suis dans l’acceptation et le respect de tous ceux que je rencontre. En Albanie, j’enlevais ma casquette en présence de gens voilés. Je m’arrêtais pour les saluer lorsqu’ils venaient à ma rencontre.

 

Comme tout le monde, j’avais quand même quelques bons clichés dans la tête avant de courir la première fois en Russie…La mafia, la violence…

 

J’ai rencontré des gens, découvert un pays aux ressources extraordinaires. Le sens de l’accueil en Ukraine est aussi quelque chose d’incroyable. Ils n’ont rien, ils partagent tout. J’y ai des souvenirs qui me nourrissent encore aujourd’hui. Tout au long de ma route, les camions me klaxonnaient. Ils étaient tous au courant « du français qui allait en Sibérie en courant ».

 

Un jour, dans l’Oural, j’étais en difficulté. J’ai croisé un homme qui m’a donné sa chemise et un pot de miel. Des rencontres comme celle-ci, j’en ai plein à raconter. Et j’en aurai plein en rentrant l’année prochaine. 

 

En Sibérie c’est différent. Là-bas, tu cours 4 à 5 jours d’affilée sans rien voir d’autre que des points d’eau, avec l’éventualité de croiser un ours !

 

On se retrouve dans un état difficile à décrire, en totale harmonie totale avec soi-même, fusionnel avec la nature, en pleine conscience, dans une autre dimension du réel.

 

Je me souviens quand je suis rentré de mon Marseille-Gorno en 2013 …. le retour à la civilisation, au bruit, au relations compliquées, à l’agressivité  :  c’était vraiment difficile. Mais, j’ai eu la chance de pouvoir vivre ça et de pouvoir recommencer ! »

 

Propos recueillis par Béatrice Sallé, mars 2020


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Commentaires: 4
  • #1

    Florence (dimanche, 22 mars 2020 11:06)

    Quelle résilience, quel rebond et quel bel exemple. Bravo Christophe !

  • #2

    Christophe Vissant (lundi, 23 mars 2020 16:27)

    Sur ce défi j'ai mon modèle mon mentor à mes côtés, monsieur SERGE GIRARD, le grand coureur de continent qui saura me diriger, me conseiller et m'encourager.

    Une grosse équipe avec moi, Laure, Florence, Béatrice, Stéphane et toute l'équipe RUN TO PLANET.
    Sans Serge et Laure Ansart je ne serai jamais reparti après mon échec Australien.

    Je repars avec une motivation inimaginable, je vous amène avec moi dans mes baskets de l'océan Atlantique à la mer du Japon.

    Je suis tellement heureux de pouvoir retourner en Russie, en Sibérie, un pays formidable,
    un peuple merveilleux et des décors sibériens extraordinaires.

    La Sibérie brûle, elle brûle terriblement, l'occasion en courant de sensibiliser, témoigner et replanter des millions d'arbres.



  • #3

    OLLIVIER (lundi, 23 mars 2020 21:56)

    Bonjour ,
    Nous allons suivre avec BEAUCOUP d'intérêt votre nouvelle expérience...
    Sportivement

  • #4

    Laure (dimanche, 29 mars 2020 19:28)

    Christophe,
    Gooooooo !!!!